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Ce qui se cache derrière le méga-procès d'Apple contre Samsung

Les deux géants de l'électronique s'affrontent dans un procès monstre aux enjeux multiples.

Apple et Samsung entament, lundi 30 juillet, une bataille judiciaire monstre à l'enjeu colossal : le vainqueur pourrait faire interdire les smartphones et les tablettes tactiles du vaincu sur le marché américain, au motif de violations de brevets. C'est du moins ce qu'exigent les deux géants - en plus d'importants dédommagements financiers. 
L'affaire remonte à avril 2011. Apple s'impose comme ténor des nouvelles technologies après avoir donné le "la" du marché successivement avec son smartphone iPhone et sa tablette tactile iPad. Seulement l'un de ses plus gros fournisseurs, Samsung, se met à lancer des produits concurrents au design sensiblement proche. "Samsung est à la fois le principal fournisseur de technologies pour les iPhone et le principal vecteur des concurrents Android", résume Yves Gassot, PDG de l'Idate, think tank spécialiste de l'économie numérique. Et l'enjeu est énorme : "qui contrôle le marché des smartphones, exerce un contrôle sur le marché des l'internet mobile à travers les boutiques d'applications", souligne l'analyste. Le Sud-Coréen s'est imposé comme numéro un mondial du mobile. 
De quoi déplaire à la pomme qui a déposé une plainte pour concurrence déloyale, accusant Samsung d'avoir "délibérément copié" le design et l'interface de l'iPhone et de l'iPad, protégés par sept de ses brevets. Apple réclame 2,5 milliards de dollars (2 milliards d'euros) de dommages et intérêts. "C'est un schéma classique de l'innovation : un acteur trouve un marché et les autres essayent d'avoir leur part du gâteau", note Philippe Torres, responsable de L'Atelier, cellule de veille spécialisée dans les nouvelles technologies.

    Mais Samsung ne se laisse pas faire. Le Sud-Coréen rétorque qu'Apple tente de l'exclure "sans raison" du marché... et l'accuse à son tour d'avoir enfreint certains de ses brevets sur l'utilisation des technologies de réseau 3G. L'occasion de réclamer une redevance, estimée à 2,4% du prix de vente de chaque iPhone et iPad 3G. 
Le procès, qui s'ouvre ce lundi devant un tribunal fédéral à San José (Californie), doit tenter de démêler ces accusations croisées. 
Apple part favori 

"Apple a plus de chance d'avoir gain de cause", estime Philippe Torres. "La pomme va démontrer qu'il y avait 1.001 façons de faire des smartphones ou des tablettes tactiles, mais que Samsung a choisi des produits très ressemblant à l'iPhone et l'iPad." Il est vrai que sur le design ou l'interface, la gamme Galaxy ressemble fortement aux produits Apple. Le Sud-Coréen réplique toutefois que, pour ce design, la firme de Cupertino se serait en réalité inspirée de Sony. Argument retoqué par voie de presse. 
Samsung est clairement sur la défensive, surtout que la juge chargée du dossier, Lucy Koh, a déjà suspendu en référé les ventes de la tablette Galaxy Tab et du téléphone Galaxy Nexus. En outre, il a été établi que le Sud-Coréen a détruit certains e-mails servant de preuves après le début des poursuites. "Ce n'est jamais bon signe quand le juge décide qu'on a refusé de communiquer ou détruit des preuves", analyste l'avocat Polk Wagner, professeur spécialisé dans le droit des brevets. 
Que risque Samsung ? Pour Samsung, le risque premier est une interdiction de ses produits sur l'important marché américain. Le fabricant devra alors légèrement modifier ses téléphones en contournant quelques brevets pour continuer de vendre des mobiles. Mais, plus que l'interdiction, Samsung redoute de se voir infliger une amende colossale qui impacterait directement ses bénéfices. Le juge Lucy Koh peut décider de tripler le montant réclamé par Apple si le procès conclut que Samsung a délibérément violé les brevets déposés. Au deuxième trimestre, la division de la marque a enregistré 3,65 milliards de dollars (2,97 milliards d'euros) de bénéfices. 
Et si Apple perd ? Mais L'Américain pourrait très bien ne pas obtenir gain de cause et devrait alors indemniser copieusement le Sud-Coréen. Un jury de 10 personnes doit délibérer à l'issue d'au moins quatre semaines d'audience. Une décision unanime est indispensable pour trancher en faveur de l'un ou de l'autre des plaignants.
Des plaintes dans 50 pays. Le jugement du tribunal de San José devrait faire jurisprudence pour le prochain procès américain sur le même thème prévu pour 2014. Le verdict pourrait également influencer les décisions de justice dans les 50 autres pays où des plaintes similaires ont été déposées (France, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, Corée du Sud, etc.). Jusqu'à présent les différents procès ont donné des résultats contrastés, les deux groupes ont autant gagné que perdu. Reste qu'en Europe, la tablette Galaxy Tab 7.7 a été interdite de vente par la cour d'appel de Düsseldorf. 
Derrière la bataille, les enjeux 

Derrière cet affrontement Apple-Samsung, faut-il voir l'ultime tentative de la pomme pour contenir son plus grand adversaire ? Arrivé sur le marché des smartphones peu après le lancement de l'iPhone, le Sud-Coréen a vendu, au deuxième trimestre, 50,2 millions de téléphones, selon le cabinet IDC, soit près du double de la pomme et ses 26 millions d'appareils vendus. De son côté, la Galaxy Tab semble être la seule tablette capable de résister à l'iPad, avec 10,6% des parts de marché au premier trimestre, contre 63,3% pour l'ardoise d'Apple. "Apple fait tout pour ralentir Samsung", explique Michael Yoshikami, PDG de Destination Wealth Management, dans "les Echos". "Apple essaiera de gagner du temps jusqu'au lancement de l'iPhone 5", attendu en septembre, ajoute-t-il. 

D'autres voient une volonté d'Apple de tacler son compatriote Google et son système Android. "Derrière Samsung, c'est Google et son système Android qui sont visés", estime Yves Gassot. "Le rival d'Apple reste Google qui est cumule désormais la place de numéro un des moteurs de recherche sur le web et numéro des systèmes pour mobiles." 
Samsung est actuellement le plus grand utilisateur du système Android. Or peu avant de mourir, feu Steve Jobs avait affiché son intention de "détruire Android, parce que c'est un produit volé." Le co-fondateur et ex-PDG d'Apple ajoute : 
Je suis prêt à déclencher une guerre thermonucléaire s'il le faut. Je consacrerai mon dernier souffle si nécessaire, et utiliserai chaque centime des 40 milliards de dollars qu'Apple a en banque, pour réparer cette injustice." 
Enfin, cette bataille entre les deux géants de l'électronique pourrait émaner d'une volonté de protectionnisme américain face au conquérant sud-coréen. "Les constructeurs historiques américains tentent aujourd'hui de se protéger d'une vive concurrence asiatique capable de lancer de très bons produits en quelques mois", souligne Philippe Torres. "Mais à terme Apple ne pourra pas rivaliser avec les géants asiatiques, Samsung en tête, parti à la conquête du monde. En attendant, il tente de faire le plus de marges possible tout en bloquant la concurrence", estime-t-il. 
Au-delà des enjeux, Yves Gassot estime que "la bataille des brevets dans le numérique n'est pas prête de se terminer, même si, et ce sera probablement le cas avec Apple et Samsung, les acteurs doivent se préparer à un accord à l'amiable. D'autant qu'il n'est pas dit que le smartphones va rester limité à ce duopole Apple-Android". Les patrons des deux géants, Tim Cook et Choi Gee-Sung, ont eu, sur ordre de la justice, deux jours de discussion en mai pour tenter de mettre fin à leurs différends, mais sans résultat.


                                                                 Source :NouvelObs.com
Catégorie: Mobiles, planchettes & Smartphones | Ajouté par: ck7up (2012-07-31)
Visualisations: 484 | Commentaires: 2 | Note: 5.0/1
Nombre total de commentaires: 2
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2 fred  
Tres intéressant merci pour l'info. :-)

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1 ck7up  

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